Gaza : Une Résistance Face aux Menaces de Trump et d’Israël
Actualizado: 11 mar 2025


Gaza : Une Résistance Face aux Menaces de Trump et d’Israël
En ce 7 mars 2025, Gaza, cette enclave palestinienne de 360 kilomètres carrés où s’entassent 2,2 millions d’âmes, reste un symbole de résistance face à des décennies d’occupation et de blocus. Après seize mois d’une guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a coûté la vie à plus de 47 550 Palestiniens selon les autorités locales, le peuple de Gaza fait aujourd’hui face à une nouvelle offensive, non plus seulement militaire, mais politique et existentielle. Donald Trump, président des États-Unis depuis janvier 2025, et Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, semblent déterminés à redessiner l’avenir de ce territoire au mépris des droits de ses habitants.
Un peuple épuisé:
Depuis le cessez-le-feu fragile de janvier 2025, négocié sous l’égide de l’administration Biden sortante et soutenu par Trump, Gaza tente de panser ses plaies. La première phase de cet accord a permis la libération de certains otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, un retrait partiel des troupes israéliennes et une reprise timide de l’aide humanitaire. Mais ce répit est menacé. Israël a imposé un blocus total sur les biens entrants depuis la fin de cette phase le 1er mars, exigeant la libération immédiate de tous les otages restants – environ 24 vivants et les corps de 35 autres, selon les estimations israéliennes – sans avancer vers des négociations pour une paix durable.
Pour les Gazaouis, ce blocus est une nouvelle épreuve dans une vie déjà marquée par la faim, les déplacements massifs et la destruction. « Nous avons survécu aux bombes, à la peur, à la perte de tout. Maintenant, ils veulent nous effacer de notre propre terre », témoigne Amina Khaled, une mère de famille de Khan Younis, dans une interview à Al Jazeera. Malgré cela, la population refuse de céder. Les marchés improvisés dans les ruines de Jabalia et les cuisines communautaires de Rafah témoignent d’une volonté de vivre, coûte que coûte.

Trump : une vision coloniale:
Donald Trump a jeté de l’huile sur le feu avec des déclarations provocatrices. En février 2025, lors d’une visite de Netanyahu à Washington, il a proposé que les États-Unis « prennent le contrôle » de Gaza, déportent ses habitants vers l’Égypte ou la Jordanie, et transforment le territoire en une « Riviera du Moyen-Orient ». « C’est un endroit parfait pour un grand projet immobilier », a-t-il lancé, suscitant l’effroi des Palestiniens et des défenseurs des droits humains. Ce plan, qui impliquerait un déplacement forcé de millions de personnes, rappelle la Nakba de 1948 et a été dénoncé comme une tentative d’« ethnic cleansing » par des organisations comme Human Rights Watch.
Face au tollé, Trump a temporisé, affirmant le 25 février qu’il ne « forcerait » pas cette vision, mais ses alliés, comme son envoyé Steve Witkoff, persistent à vanter un Gaza « reconstruit » sans ses habitants d’origine. Cette rhétorique trouve un écho auprès de Netanyahu, dont la coalition ultranationaliste rêve de recoloniser Gaza, vidée de ses Palestiniens. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a même appelé à « encourager le départ volontaire » des Gazaouis, une formule qui masque à peine une politique d’expulsion.

Une solidarité régionale et internationale:
Gaza n’est pas seule dans cette lutte. Le 4 mars, l’Égypte a dévoilé un plan de reconstruction de 53 milliards de dollars, soutenu par la Ligue arabe, qui rejette toute idée de déplacement et propose une gouvernance palestinienne intérimaire avant un retour de l’Autorité palestinienne. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a insisté : « Pas de paix sans un État palestinien. Gaza appartient aux Palestiniens. » La Chine, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Wang Yi, a également affirmé le 7 mars que « Gaza est la terre du peuple palestinien », un soutien symbolique mais significatif.
Sur le terrain régional, les Houthis du Yémen ont donné un ultimatum à Israël le 6 mars : quatre jours pour laisser entrer l’aide humanitaire, faute de quoi ils reprendront leurs attaques navales en mer Rouge. « Nous défendons Gaza au nom des Arabes et des musulmans », a déclaré leur leader Abdulmalek al-Houthi. Cette solidarité, bien que militarisée, reflète un sentiment partagé : Gaza est un rempart contre l’expansionnisme israélien et les ambitions américaines.
Pour les Palestiniens de Gaza, les menaces de Trump et d’Israël ne sont pas seulement une question de politique, mais de survie. Le blocus actuel, combiné aux projets de déportation, vise à briser leur lien avec leur terre. Pourtant, leur histoire est celle d’une résistance obstinée. Depuis le blocus israélo-égyptien de 2007, renforcé après la prise de pouvoir par le Hamas, ils ont survécu à cinq guerres majeures, à des pénuries chroniques et à un isolement international. Aujourd’hui, alors que le Ramadan débute dans des conditions dramatiques, leur détermination reste intacte.
Hamas, malgré son affaiblissement militaire, rejette les ultimatums de Trump, qui a menacé le 5 mars que « tout Gaza paiera » si les otages ne sont pas libérés. « Les captifs ne seront libérés que dans le cadre d’un cessez-le-feu permanent », a rétorqué le porte-parole Abu Ubaida, soulignant que les pressions de Trump encouragent Netanyahu à saboter l’accord de janvier. Pendant ce temps, l’ONU et des ONG alertent sur une famine imminente, appelant à une mobilisation mondiale pour protéger les civils.

Un appel à la justice
Gaza, avec ses ruines et ses espoirs, incarne une cause plus grande que ses frontières. Face aux menaces de Trump et d’Israël, elle appelle à une solidarité qui transcende les calculs géopolitiques. Les Palestiniens ne demandent pas la charité, mais le droit de vivre sur leur terre, un droit inscrit dans les résolutions de l’ONU et dans leur mémoire collective. Alors que Netanyahu fixe un ultimatum au 8 mars pour reprendre les hostilités si les otages ne sont pas libérés, le monde regarde. Gaza, épuisée mais debout, attend plus qu’un sursis : elle exige la justice.





Très bon article