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Ukraine : L'Europe à la recherche d'un plan de paix



Le conflit en Ukraine, qui oppose Kyiv à Moscou depuis plus de trois ans, atteint un tournant décisif. Alors que les combats s’intensifient et que les frappes russes continuent de dévaster des villes comme Kryvyi Rih – où une attaque sur un hôtel a fait 12 morts dans la nuit de mercredi à jeudi – l’Europe se mobilise pour trouver une issue pacifique à une guerre qui ébranle ses fondations. La suspension récente de l’aide militaire américaine à l’Ukraine par l’administration de Donald Trump, réélu en novembre 2024, a placé les dirigeants européens dans une position inédite : celle de devoir assumer seuls, ou presque, la responsabilité de mettre fin à ce conflit. Réunis ce jeudi 6 mars 2025 à Bruxelles pour un sommet extraordinaire de l’Union européenne (UE), les 27 chefs d’État et de gouvernement, aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, ont tenté de tracer les contours d’un plan de paix ambitieux mais complexe.



Macron, l’architecte d’une Europe souveraine:

"Nous ne serons pas des belligérants, mais des garants"

Au centre de cette dynamique, le président français Emmanuel Macron s’impose comme une figure clé. Depuis des mois, il multiplie les initiatives pour repositionner l’Europe comme un acteur stratégique autonome, capable de répondre aux défis posés par la Russie sans dépendre exclusivement des États-Unis. Mercredi soir, dans une allocution télévisée depuis l’Élysée, Macron a appelé à un "réveil incroyable" du continent, affirmant que "le futur de l’Europe ne peut être décidé ni à Moscou ni à Washington, mais par nous-mêmes". Il a dévoilé un plan en trois étapes : une trêve initiale d’un mois, avec un arrêt des attaques aériennes et maritimes, suivie d’une phase de négociations sous supervision internationale, et enfin, en cas d’accord, l’envoi de forces européennes pour garantir la paix sur le terrain.


"Nous ne serons pas des belligérants, mais des garants", a-t-il insisté, cherchant à rassurer ceux qui, comme l’Allemagne, redoutent une escalade militaire.

Macron a également relancé une idée audacieuse : étendre le parapluie nucléaire français à ses partenaires européens. "Face à une Russie qui menace et à une Amérique qui se replie, nous devons être prêts à protéger notre maison commune", a-t-il déclaré. Cette proposition, qui divise autant qu’elle fascine, a été applaudie par des pays de l’Est, comme la Lituanie, où le président Gitanas Nausėda a salué "une vision courageuse". Mais elle a suscité l’ire de Moscou, où le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dénoncé une "provocation irresponsable", et des réserves à Berlin, où le chancelier Olaf Scholz a appelé à "ne pas brûler les étapes".


Une mosaïque de positions européennes:

Si Macron donne le ton, les autres leaders européens peinent à s’aligner sur une stratégie commune, révélant les tensions au sein de l’UE. Le Premier ministre polonais Donald Tusk, dont le pays partage une frontière avec l’Ukraine, a plaidé pour une militarisation accélérée de l’Europe. "Nous devons doubler nos budgets de défense et envoyer un message clair à Poutine : nous ne plierons pas", a-t-il martelé, soutenu par les États baltes, qui craignent une expansion russe. Le président letton Edgars Rinkēvičs a même évoqué la possibilité de réintroduire une forme de conscription dans son pays pour "préparer la population à toute éventualité".

"montrer au monde que l’Europe est prête à assumer son destin".

À l’opposé, des voix plus prudentes se font entendre. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, après un dîner avec Macron à Paris mercredi, a réitéré son opposition à une approche trop interventionniste. "La paix ne viendra pas en envoyant des soldats ou en imposant des sanctions, mais en laissant chaque nation défendre ses intérêts", a-t-il déclaré, fidèle à sa ligne pro-dialogue avec Moscou. Le Slovaque Robert Fico a abondé dans ce sens, qualifiant le plan de Macron de "rêve éveillé" et plaidant pour une "neutralité" européenne dans le conflit. Ces divergences illustrent la difficulté pour l’UE de parler d’une seule voix, un défi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, tente de surmonter. Lors du sommet, elle a proposé un fonds de 800 milliards d’euros pour renforcer les capacités militaires de l’UE sur dix ans.

"montrer au monde que l’Europe est prête à assumer son destin".

Le Royaume-Uni, bien que hors UE, joue également un rôle crucial. Le Premier ministre Keir Starmer, en poste depuis juillet 2024, travaille main dans la main avec Macron pour rallier un soutien international au plan de paix. Lors d’une visioconférence avec Zelensky mercredi, il a promis de maintenir l’aide britannique à l’Ukraine, y compris via des livraisons de missiles Storm Shadow, tout en poussant pour une médiation élargie impliquant la Turquie et l’Inde.


Zelensky, entre urgence et réalisme:


Au cœur de cette tempête diplomatique, Volodymyr Zelensky reste le pivot de toute solution. Arrivé à Bruxelles sous les applaudissements des eurodéputés, il a contrasté avec son récent voyage tendu à Washington, où Trump l’avait publiquement snobé. "L’Europe est notre maison, et je sens ici une volonté de nous aider", a-t-il déclaré, saluant les efforts de Macron et Starmer. Pourtant, Zelensky n’a pas caché ses priorités : une paix, oui, mais pas au prix de concessions territoriales majeures ou d’une capitulation face à Moscou. Il a proposé un cessez-le-feu temporaire sur mer et dans les airs comme "premier pas", tout en réclamant des garanties de sécurité concrètes, comme une intégration accélérée de l’Ukraine à l’OTAN ou un soutien accru à la production d’armes sur son sol.

Zelensky sait que le temps presse. Avec l’hiver qui durcit les conditions sur le front et une population ukrainienne épuisée par trois années de guerre, il doit jongler entre les attentes de son peuple et les réalités géopolitiques. "Nous voulons la paix, mais pas une paix qui serait une victoire pour Poutine", a-t-il insisté, un message adressé autant à ses alliés qu’à ses adversaires.


Un moment décisif pour l’Europe:

"Nous sommes à un carrefour : soit l’Europe s’élève, soit elle s’efface"

Ce sommet de Bruxelles, présidé par Antonio Costa, marque un tournant historique. "Nous sommes à un carrefour : soit l’Europe s’élève, soit elle s’efface", a-t-il résumé. La suspension de l’aide américaine, conjuguée à l’agressivité russe – illustrée par les récentes frappes sur des infrastructures civiles – force l’UE à sortir de sa zone de confort. Mais les obstacles sont nombreux : les divisions internes, le coût économique d’une mobilisation militaire, et l’incertitude sur la position américaine sous Trump, qui a promis de "régler la guerre en 24 heures" sans dévoiler de plan concret.

Les prochains jours seront cruciaux. Macron et Starmer prévoient une rencontre avec Zelensky ce week-end pour affiner leur proposition, avant une possible présentation aux émissaires de Trump la semaine prochaine. En parallèle, des contacts informels avec Ankara et New Delhi sont en cours pour élargir le cercle des médiateurs. Pendant ce temps, sur le terrain, la guerre continue de faire des ravages, rappelant à l’Europe que chaque jour sans solution coûte des vies.



L’Europe parviendra-t-elle à s’imposer comme une puissance de paix ? La réponse dépendra de sa capacité à surmonter ses divisions et à transformer ses ambitions en actes. En ce 6 mars 2025, le continent est à la croisée des chemins, et le monde observe avec anxiété.

 
 
 

2 comentarios

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Jean Fronçois
07 mar 2025
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Merveilleux article mais pas comme mes idées politiques d'extremme droite.



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Nicolás Guerrero
Nicolás Guerrero
19 mar 2025
Contestando a

Merci pour vos commentaires M.Fronçois

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